Black Hat SEO, entre mythes et réalités

David Dragesco

Oct 25, 20197 min read
Black Hat SEO, entre mythes et réalités

Le Black Hat SEO est un sujet aujourd’hui très en vogue, et autour duquel planent beaucoup de légendes… David Dragesco alias NinjaLinker, spécialiste en SEO depuis plus de 15 ans, passait en revue dans un récent webinar SEMrush les différentes techniques Black Hat, et tentait de démystifier un petit peu ce monstre du Loch Ness du SEO. 

On vous propose ci-dessous la retranscription de ce webinar exceptionnel, afin de tout savoir sur les techniques Black Hat en 2019. N’hésitez pas non plus, si vous êtes plus auditifs, à réécouter le webinaire à l’aide du replay ! 

Qu’est-ce que le Black Hat SEO ? 

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Définition du Black Hat SEO

Qu’est-ce que le Black Hat SEO? Il s’agit de techniques visant à tromper les moteurs de recherche, à exploiter certaines de leurs failles. Cela existe depuis 1994, bien avant que Google fasse son apparition.

Le Black Hat SEO, c’est avant tout un esprit, un spirit, avec lequel on teste des idées. C’est un jeu du chat et de la souris : pas vu, pas pris !

C’est aussi du reverse engineering continu : il faut lancer parfois 15 à 20 tests pour en valider un.

Le contexte

Le black hat SEO est surtout orienté sur Google (qui représente 95% des recherches).

Évidemment, on se concentre tout particulièrement sur les requêtes business : en général, autour des mots clés qui sont chers.

Les sphères qui rapportent sont souvent très concurrentielles du point de vue SEO : c’est donc précisément pour cela qu’on fait appel au Black Hat SEO.

Ce que dit Google

Les guidelines de Google sont assez précises sur le sujet. Si on les examine en profondeur, on se rend compte que nous faisons finalement tous du black hat. En effet, à partir du moment où l’on cherche à manipuler un algorithme pour améliorer son ranking, ça veut dire qu’on cherche à le circonvenir. À partir du moment où l’on cherche à optimiser, que ce soit avec des outils d’analyse sémantique ou des outils de génération de backlinks, on est déjà dans le black hat !

Prenons ainsi un autre exemple de guideline : « il ne faut pas générer de contenus automatiquement ». Et c’est bien pourtant ce que font les plus gros sites de presse, qui rankent très bien avec ce genr de pratique…

C’est la même chose pour la génération artificielle de liens, une technique très répandue, alors qu’elle est prohibée par Google.

Tout est donc une question de curseur… 

Faut-il faire du Black Hat SEO en 2019 ?

Sous quelles formes le Black Hat SEO existe-t-il ?

Il existe d’abord sous la forme de génération de backlinks : il y a plein d’outils qui permettent d’automatiser et de poster des backlinks. Hier encore, j’ai dû supprimer 1500 commentaires de mes blogs. Mais il peut aussi s’agir de dissimulation de backlinks : on crée des liens sans qu’on puisse remonter jusqu’à nous.

Une autre pratique consiste à générer du contenu en automatique. Le spinning, par exemple, permet de créer un grand nombre de textes à partir d’un seul texte souche. Le content spinning est très utile pour une géo-localisation multiple. La plupart des e-commerçants y font appel.

On trouve aussi des outils de génération de contenus de traduction, que l’on peut plugger avec des API. Selon moi, il s’agit d’une des techniques les plus répandues sur le web en ce moment, et à laquelle je promets un brillant avenir. On va être obligé d’en tenir compte... ne serait-ce que pour ne pas se faire passer devant par d’autres qui utilisent cette technique. 

cloacking and black hat seo

Le cloacking de contenus permet de présenter une page à Google et une autre page à l’utilisateur. On montre donc deux versions différentes à l’internaute et au robot d’exploration. Et on peut faire la même chose pour les backlinks. C’est une technique black hat qui peut se révéler très puissante du point de vue du SEO.

Le spamdexing est une technique qui vise à spammer Google avec un certain nombre de pages. Elle est utilisée par des spécialistes SEO assez chevronnés. Elle leur permet de générer du contenu en automatique, par exemple en créant un site avec des milliers de pages sur une thématique précise. Ensuite, on force Google à l’indexer. Certains spécialistes parviennent à faire beaucoup de trafic et à obtenir ainsi d’excellents résultats en termes de SEO.

Le negative SEO est une technique assez peu glorieuse : elle consiste à faire baisser le rang d’un concurrent (par la duplication de contenus, des redirections, etc.). Cela peut faire très mal !

Aujourd’hui, ce n’est d’ailleurs pas la date de publication d’un article ou d’une page qui aura la paternité sur le positionnement. Il ne s’agit plus d’être le premier. Ce qui est pris en compte, c’est l’autorité de la page. Voilà bien une sacré faille... ou une belle opportunité, suivant le côté où l’on se place.

Le highjacking consiste ainsi à prendre la paternité d’un résultat existant sur Google, et de récupérer le trafic d’une page déjà positionnée. Google ne saura ainsi plus quelle page devrait se positionner légitimement à cette place… et la victime disparaît. C’est une technique qui permet de faire de l’ e-reputation. Elle n’est pas forcément répréhensible, d’ailleurs, car il n’y a pas de tribunal Google, ni de droit à l’oubli fonctionnel.

Enfin nous pouvons trouver des spams suggestions, qui cherchent à pirater les suggestions Google.

Dans quel but le Black Hat SEO existe-t-il ?

Il faut être honnête, le Black Hat SEO vise avant tout à gagner de l’argent.

Mais il peut aussi exister une dimension « monsieur méchant » : C’est la position du rageux qui ne cherche pas à gagner de l’argent, mais qui veut faire du mal à quelqu’un. Je ne peux que vous déconseiller de passer ainsi du côté obscur de la Force. Le black hat SEO peut malheureusement détruire des sociétés et mettre des gens au chômage. Il vaut mieux chercher à gagner de l’argent.

Enfin, le black hat peut servir à protéger. C’est le cas de l’e-reputation, par exemple : créer un rempart black hat contre les gens mal intentionnés. C’est en quelque sorte du black hat contre le black hat que l’on vient de voir, celui de « monsieur méchant ».

Le Black Hat SEO fonctionne-t-il encore en 2019 ?

La réponse est oui, évidemment. Et il fonctionnera encore dans les années à venir. Il y a trop de personnes qui ont le spirit black hat, et qui chercheront à gruger l’algorithme de Google. Je ne suis d’ailleurs pas loin de penser que ça n’a jamais aussi bien fonctionné !

Mais voyons ensemble quelques études de cas pour illustrer mon propos.

Expired domain : nuitdebout.fr

Le site internet de ce mouvement social était très important à l’époque. C’était un site sérieux et avec un trafic conséquent… Aujourd’hui, le nom de domaine a été récupéré par un site de drague en ligne !

La question est alors : comment peut-on passer de la politique à quelque chose proche de Tinder ?

Grâce aux statistiques SEMrush, on peut voir que le site n’a jamais aussi bien marché qu’aujourd’hui. C’est certainement dû au grand nombre de backlinks que le domaine avait récupéré auparavant. C’est en tout cas une réussite impressionnante !

Spamdexing + cloacking : fr-fcm.fr

Le site fr-fcm.fr est très bien positionné sur la requête « Test DroneX Pro Avis ». Et pourtant, lorsqu’on clique dessus, on est redirigé sur un autre site.

En examinant les métriques, on voit que ça fonctionne.

Spamdexing + MFA : lemonde.fr

Le Monde a ouvert récemment un guide d’achat qui renvoie vers Amazon. C’est typiquement une présentation MFA.

Le Monde exploite sa notoriété et son autorité, et génère des pages à la volée, via la traduction, pour orienter sur de l’achat de produits. Les autres journaux se lancent aussi dans cette pratique, c’est le cas du Parisien, par exemple…

D’un point de vue éthique, nous n’avons rien à reprocher au quotidien français, mais il est clair qu’on se situe en dehors des guidelines de Google telles que définies au début de cet article ! 

Analyse de trafic SEMrush

Toutes les métriques, tous les sites, tout Internet

ADS illustration

En conclusion 

Pour résumer, si le Black Hat SEO fonctionne encore aujourd’hui, c’est tout simplement parce qu’il y a des failles algorithmiques. Il y aura toujours des gens, des dizaines de milliers de personnes, pour chercher à les comprendre et à les exploiter. De plus, avec les développements de l’intelligence artificielle, on va enfin pouvoir comprendre... l’intelligence artificielle. Cette guerre entre intelligences artificielles va certainement renforcer encore le black hat.

Maintenant, on peut se demander si le Black Hat SEO est éthique? La réponse est non, mais il faut comprendre que c’est avant tout une question de “degrés”. N’allez pas empiéter sur les platebandes des autres, de faites pas intentionnellement du mal à des concurrents !

Enfin, nous pouvons aborde les risques légaux relatifs aux différentes techniques relatives au Black Hat SEO : pour l’instant, en France, il n’y a pas encore eu de procès, mais c’est en train de bouger. Il suffira d’une fois pour que ça fasse jurisprudence… Et cela pourrait bientôt arriver.

Le problème, c’est qu’il faudra pouvoir prouver le dommage subi, et l’appareil judiciaire français est encore loin d’être correctement équipé pour cela.

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Nous remercions David pour ce webinaire passionnant sur une thématique qui évolue rapidement et qu’il est de plus en plus difficile d’ignorer. N’hésitez pas à en regarder le replay ici ! 

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David DragescoSEO Consultant & Digital Nomad : NinjaLinker.com Business Owner : PBNPremium.com Product Owner : Pbn.express
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